La hausse du cours de l’or partie pour durer

par | 10 Sep 2012 | Cours de l'or, Or, USA | 1 commentaire

Temps de lecture : 2 minutes

La semaine derniĂšre a Ă©tĂ© marquĂ©e par une brutale envolĂ©e du cours des mĂ©taux prĂ©cieux (or et argent confondus). AprĂšs un Ă©tĂ© calme, il n’aura fallu qu’une Ă©tincelle pour que le cours de l’or s’enflamme. La sortie de la phase de consolidation indique que dĂ©sormais tous les excĂšs vers de hauts records sont Ă  nouveau permis.

Vendredi aprĂšs-midi, le cours de l’or a atteint 1354,66 euros l’once, un plus haut depuis le 9 septembre 2011 et son fameux cours Ă  1359,4 euros l’once. Pourquoi un tel sursaut soudain en fin de semaine ? Il s’agit notamment d’une rĂ©action mĂ©canique Ă  deux annonces importantes :

Oncle Sam au chĂŽmage

Tout d’abord la publication attendue des chiffres de l’emploi du mois d’aoĂ»t aux USA. 96000 emplois non agricoles crĂ©Ă©s au cours du mois d’aoĂ»t
 il en Ă©tait « prĂ©vu » 120000. Comme un goĂ»t de dĂ©jĂ  vu non ? Mais si ! Rappelez-vous au mois de mai dĂ©jĂ  : Regain de forme pour le cours de l’or. « Oups we did it again ! ».

Cette mĂȘme publication apporte un petit correctif sur les donnĂ©es de l’emploi publiĂ©es en juin et juillet dernier : il n’y a pas eu 64000 emplois crĂ©Ă©s en juin mais seulement 45000 et il n’y en a pas non plus eu 163000 en juillet mais plutĂŽt 141000.

Des chiffres qui ne rassurent donc personne, d’autant plus que Ben Bernanke, le prĂ©sident de la FED avait estimĂ© qu’il fallait 100 000 Ă  110 000 nouveaux emplois par mois pour Ă©viter une hausse du chĂŽmage.

La suite est logique : dĂ©ception des investisseurs qui se montrent alors beaucoup plus prudents envers l’économie amĂ©ricaine et le dollar, et donc hausse inĂ©vitable du cours de l’or : le principe des vases communicants.

Ben Bernanke risque de faire « bonne impression »

La publication des chiffres de l’emploi pourrait avoir bien d’autres rĂ©percussions.
Tout le monde attend dĂ©sormais la rĂ©union mensuelle du ComitĂ© de la FED jeudi prochain avec l’annonce (actĂ©e cette fois) d’un QE3 (le troisiĂšme plan de Quantitative Easing). Ben Bernanke surveillait en effet de prĂšs les chiffres du chĂŽmage pour dĂ©cider si oui ou non il lançait la planche Ă  billet. En tout cas, on se doute bien que les bacs Ă  papier sont garnis et que les cartouches d’imprimante, neuves, prĂȘtes Ă  tirer

Encore une fois, on connait le schĂ©ma et l’impact d’une telle dĂ©cision, avec dans l’ordre : Ă©mission de monnaie en masse, dĂ©valuation du dollar, hausse mĂ©canique du cours de l’or. Certains investisseurs n’auraient donc pas attendu la dĂ©cision de la FED pour se tourner vers l’or


Et la publication des chiffres du chĂŽmage aux Etats-Unis n’est qu’en partie responsable de la hausse du cours de l’or. L’annonce la semaine derniĂšre de Mario Draghi concernant le rachat de la dette souveraine europĂ©enne « sans limite » est aussi un choix inflationniste qui va peser lourd sur le cours de l’or.

Non, une hausse du cours de l’or n’est jamais bon signe. Il est l’indicateur par excellence que les fondamentaux Ă©conomiques sont trĂšs mauvais, comme ce fut le cas pendant le choc pĂ©trolier durant les annĂ©es 70. L’étau se resserre autour d’une politique monĂ©taire globale exsangue.

Par rapport au record qu’il devrait atteindre, la marge est confortable pour tous ceux qui souhaitent consolider leurs positions sur l’or, avant que le prix du mĂ©tal prĂ©cieux atteigne des records et soit hors de portĂ©e.

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Faure, Jean-François
Jean-François Faure. PrĂ©sident d’AuCOFFRE.com. Voir la biographie.

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1 Commentaire

  1. Dan

    Il n’y aura pas de QE3 avant les Ă©lections amĂ©ricaines.
    Le 12 septembre la Cour de Karlsruhe déclarera la constitutionnalité du MES.
    Moody’s avertit qu’elle pourrait priver les USA de leur « Aaa »si le CongrĂšs ne trouve pas en 2013 un moyen de rĂ©duire Ă  moyen terme le ratio de la dette publique au PIB du pays.
    Les services fiscaux amĂ©ricains (IRS) ont versĂ© 104 millions de dollars Ă  Bradley Birkenfeld le dĂ©nonciateur d’UBS.
    La rĂ©forme en cours de la finance mondiale entraĂźnera une hausse « modĂ©rĂ©e » des taux d’intĂ©rĂȘts appliquĂ©s par les banques aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, sans toutefois mettre en pĂ©ril l’Ă©conomie dans son ensemble.

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